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  • Photo du rédacteurStoil Petrov

Quand cryptomonnaies riment avec escroqueries : Une réalité à ne pas négliger

Dernière mise à jour : 23 janv.

22/01/2024 | Article | Cryptomonnaies | Escroqueries sur internet



Les cryptomonnaies ne sont plus un phénomène nouveau. Elles se multiplient et font de plus en plus partie de notre quotidien. On en parle à la télé, dans l'actualité sur internet, en passant par les discussions et analyses sur Youtube. Cette popularité croissante s'accompagne malheureusement d'une hausse des escroqueries liées aux cryptomonnaies et des escroqueries s'appuyant directement sur le fonctionnement de la blockchain. Cette réalité impose une vigilance accrue et une sensibilisation constante aux risques associés à ce nouveau mode de paiement.


Quel est le schéma typique d’une escroquerie via cryptomonnaies ?


Les escroqueries organisées autour de la blockchain sur les plateformes d'échange de cryptomonnaies commencent par une relation de confiance établie par les escrocs, qui proposent évidemment des investissements attractifs. La victime est ensuite amenée à ouvrir un wallet (portefeuille) sur l’une des plateformes connues (comme Crypto.com, Binance, Coinbase, Kraken etc.), et, sous la direction des escrocs, qui utilisent des logiciels de prise de contrôle à distance comme AnyDesk ou TeamViewer, elle effectue des transferts vers des wallets inconnus.


Quel est le chemin des fonds transférés par la victime depuis son wallet vers le wallet qui lui a été communiqué par l'escroc?



Nous prendrons l’exemple du Bitcoin mais cela est valable pour toutes les cryptomonnaies. Les Mixers de Bitcoin (ou tumblers) jouent un rôle important dans le brouillage des pistes financières des escrocs. Cette technique vise à mélanger les cryptomonnaies reçues de multiples utilisateurs, puis redistribuent ces fonds à des adresses désignées. Ce processus brouille délibérément la traçabilité des transactions. Il faut savoir que les Mixers ne sont pas illégaux en soi, mais dans ce cas concret leur utilisation est dans le seul but de blanchir l'argent de la victime.

 

Quand une victime envoie des cryptomonnaies à un Mixer, l'adresse du Mixer devient le destinataire des transactions sortantes du portefeuille de la victime. Inversement, pour une adresse de réception, c'est encore l'adresse du Mixer qui est utilisée. Ce système rend extrêmement difficile l'identification des sources et des destinataires originaux.

 

Voilà comment les escrocs utilisent ces services pour rester dans l'obscurité et masquer l'origine des fonds obtenus illégalement.


La banque de la victime aurait-elle un rôle pour protéger son client contre ces arnaques?


Dans le cadre des escroqueries en ligne impliquant des cryptomonnaies, un aspect souvent négligé est la responsabilité des banques émettrices, alors qu’elles jouent un rôle essentiel, surtout lorsque de sommes d'argent importantes, variant entre 5 000 et 100 000 euros voire plus, sont transférées vers des plateformes d'échange de cryptomonnaies. Selon nos dossiers en cours, plus de 80 % des escroqueries en ligne passent par des plateformes d'échange de cryptomonnaies, ce qui soulève des questions quant à la vigilance des banques.


Les banques émettrices, informées depuis des années par des rapports de Tracfin, ainsi que par les alertes de la Banque de France et de la Banque Centrale Européenne, sont largement conscientes de ces risques. En dépit de cette connaissance, beaucoup semblent laisser leurs clients effectuer des transferts importants vers ces plateformes sans procéder à des contrôles adéquats ou fournir des mises en garde nécessaires.


Aujourd'hui, il doit être inimaginable que les clients puissent réaliser de tels transferts sans que leurs banques ne prennent des mesures proactives. Il est de la responsabilité des banques d'intervenir, non seulement pour protéger leurs clients mais aussi pour s'assurer de ne pas faciliter involontairement des activités frauduleuses. Des procédures de contrôle renforcées et des systèmes d'alerte efficaces doivent être mis en place pour détecter et prévenir ces transferts à risque. Ceci ne contrevient pas au principe de non-ingérence du banquier dans les affaires de ses clients. Au contraire, ces actions de surveillance et de mise en garde doivent être perçues comme faisant partie intégrante des devoirs de conseil et d'information inhérentes au rôle de conseiller financier.


Quelles sont les chances des victimes de récupérer leurs fonds ?


Il faut dire qu’une fois que les fonds sont transférés par les victimes les chances de les récupérer sont généralement limitées et difficiles à quantifier. Il est essentiel pour les victimes d'agir rapidement. Le dépôt immédiat d'une plainte pour escroquerie (l'article 313-1 du Code pénal) en est la première étape:

  • Il est impératif de conserver toutes les preuves et documents justificatifs relatifs à l'escroquerie. Cela inclut toute communication avec l'escroc, les preuves de la fausse identité ou des manœuvres trompeuses utilisées pour induire en erreur la victime.

  • Ensuite, il faudra que la victime se rende au commissariat le plus proche de son domicile pour y déposer plainte.


Parallèlement, la consultation d'un avocat spécialisé dans les escroqueries sur internet s'avère indispensable. Ces actions sont les premiers pas vers une éventuelle récupération des fonds perdus.




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